LE VOTE DU BUDGET PRIMITIF 2008

 

 

Le sujet principal du Conseil Municipal du 14 avril dernier, c’était le vote du budget primitif de notre commune pour l’année déjà bien commencée. Ce premier budget de la Municipalité Dosne était très attendu ; bien entendu, il ne pouvait matériellement corriger qu’à la marge le budget préparé par la Municipalité Aubry. Un budget primitif est normalement voté avant fin mars, mais on a droit à un petit délai après une élection. Le qualificatif « primitif » signifie en réalité « initial » : le budget primitif peut être suivi en cours d’année de correctifs, les budgets supplémentaires, et l’équipe Dosne ne s’en privera pas puisqu’elle n’a pas pu effectivement analyser tout ce dont elle avait hérité. Au fait, que devient l’audit budgétaire promis pendant la campagne électorale ?

 

Une impression de « cafouillage » a prévalu. Des bancs du public, encore assez remplis, s’élevaient des critiques sur l’absence de transparence, venant surtout de partisans d’Aubry qu’on n’avait jamais vus dans cette salle jusqu’alors, car sinon ils auraient réalisé que le fonctionnement de la Municipalité était inchangé, et se seraient (peut-être) tus !

 

Le premier grief tenait à l’absence de Débat d’Orientation Budgétaire (D.O.B.). Un D.O.B. doit normalement précéder le vote du budget, mais il est possible de sauter cette étape lorsque le Conseil Municipal a été renouvelé par une élection, car le règlement intérieur du Conseil doit être réécrit. Reconnaissons que l’exercice aurait été un peu vide de sens cette année. Le second grief tenait à la préparation par la commission municipale des Finances. Il y a eu une commission pilotée par la Municipalité Aubry (23 janvier 2008), et une autre pilotée par la Municipalité Dosne (8 avril 2008). Apparemment, toutes les modifications introduites entre temps n’ont pas été discutées lors de la seconde commission. Le point le plus significatif est la subvention de plus de 100 000 euros accordée à une association « Kangourou », pour la réalisation d’une nouvelle crèche que l’ancienne Municipalité avait annoncé juste avant les élections.

 

Sur ces points de méthode, Olivier Aubry a assuré le service minimum, Benoît Willot a été fort agressif, et l’intervention la plus digne a été celle d ‘Yves Tamet, élu communiste et avocat, qui à la ligne de défense d’Olivier Dosne (« nous appliquons la Loi », on aurait cru entendre Aubry père) a déploré des arguties juridiques masquant l’absence de vision d’ensemble.

 

Seul Benoît Willot s’est attaqué au fond, mais de façon plutôt malheureuse. Voulant poser au bon gestionnaire, il a énergiquement critiqué l’augmentation des dépenses de fonctionnement (7,6 %). Il l’a même comparée au taux d’inflation officiel de 2007 (1,5 %), ce qui manque d’honnêteté intellectuelle ! Vu le poids de la masse salariale (près de la moitié du budget de fonctionnement), le GVT (Glissement Vieillesse Technicité) aurait été plus pertinent... Il s’est attiré une réponse du maire-adjoint aux Finances, Patrice Gentric, qui a souligné qu’il n’y avait aucune embauche (hormis la réintégration dans le personnel communal de 6 agents de l’association Fanac), et que l’augmentation tenait essentiellement à des mesures sociales, dont une enveloppe pour la revalorisation des bas salaires ! Qui est le plus à gauche ?

 

Quant à la comparaison avec les communes de même taille, exercice que les écologistes avaient lancé lorsqu’ils étaient au Conseil Municipal, elle est maintenant biaisée car les intercommunalités faussent le raisonnement. Que les dépenses réelles de fonctionnement soient structurellement supérieures à la moyenne à Joinville n’est pas une nouveauté : cela plaide fortement en faveur du regroupement avec les communes limitrophes.

 

Attendu que les taux d’imposition n’augmentent pas (mais leur produit augmente puisque les bases augmentent), les recettes de fonctionnement progressent moins vite que les dépenses. L’excédent des recettes, reversé au budget d’investissement, baisse donc, et il faut de nouveau recourir à l’emprunt pour financer ce dernier. Cela n’a encore rien d’inquiétant, car pendant la mandature précédente le maire-adjoint aux Finances, Georges Nérin, avait considérablement réduit l’endettement, profitant de la baisse des taux d’intérêts, et fermant aussi tous les robinets qu’il pouvait ! Il est vrai qu’il pensait alors être le prochain Maire, et profiter des marges de manœuvre ainsi récupérées ! Quoi qu’il en soit, on attend de voir si certains utiles investissements prévus ne seront pas reportés (travaux dans l’école maternelle Polangis par exemple...).

 

Pour conclure, rappelons que les budgets primitifs concoctés par l’équipe Aubry n’étaient pas sincères. Les investissements prévus n’étaient souvent réalisés qu’à hauteur de la moitié. C’est le Compte Administratif, connu vers le milieu de l’année suivante, qui permet d’analyser effectivement ce qui s’est passé au cours d’un exercice. Espérons qu’après avoir trouvé son rythme de croisière, la nouvelle équipe conduite par Olivier Dosne sera plus honnête.

 

Rappel des chiffres essentiels :

 

Budget total :                                                35 millions d’euros, dont :

            Budget d’investissement :                  6,824 millions

            Budget de fonctionnement : 28, 176 millions

 

·        Section (budget) d’investissement :   6,824 millions d’euros

o       Recettes :

            Virement depuis la section de fonctionnement :             1,211 millions

            Emprunt :                                                                    2,723 millions

            Fonds de compensation pour la TVA :             0,492 millions

            Subventions diverses...

o       Dépenses :

            Remboursement dette en capital :                                 1,601 millions

            Investissements dans le patrimoine communal (1) :  2,259 millions

Investissements de voirie (2) :                          1,289 millions

            Subventions d’équipement (3) :                                    0,436 millions

Acquisition de terrains (limite Tremblay) :                     0,395 millions

Etudes (PLU et ZAC, encore !)                                  0,210 millions

                       

·        Section (budget) de fonctionnement :                               28,176 millions d’euros

o       Recettes :

Produit des 4 taxes locales :                                       12,388 millions

Produit de la taxe Ordures Ménagères :                       1,870 millions

Dotation Globale de Fonctionnement (4) :                    6,865 millions

Produits des services :                                     3,041 millions

 

o       Dépenses :

Masse salariale :                                                        13,358 millions

Charges générales :                                                     7,723 millions

Subventions (5) :                                                         2,049 millions

Virement à la section d’investissement :                        1,211 millions

 

 (1) travaux dans les écoles (738 milliers d’euros, dont 400 milliers pour le comblement des carrières sous La Fontaine), dans les équipements sportifs, à l’hôtel de ville (521 milliers d’euros), transfert du garage municipal en limite du Tremblay (555 milliers d’euros) ...

(2) éclairage public (496 milliers d’euros), études sur les voiries quais de Marne et de Polangis ainsi que quartier des Canadiens (350 milliers d’euros), enfouissement des réseaux (240 milliers d’euros).

(3) aux HLM pour la réhabilitation de la résidence « Paris » (367 milliers d’euros), et à la maison de retraite de l’Abbaye.

(4) versée par l’Etat

(5) Etablissements publics communaux : CCAS (1,154 millions), Caisse des Ecoles (0,439 millions), le reste aux véritables associations.